Transcription :

Les Administrateurs du District de Nantes au District de Clisson

                        Citoyens,

Nous vous avons envoyé le 15 Thermidor courant (Fin juillet, début août 1793) copie d’une lettre de la Commission d’Agriculture et des Arts, en date du même mois, relative à un très beau Magnolia grandiflora planté par la Galissonière et de l’existence duquel elle est en peine. (il y a ici confusion car il s’agit bien du Magnolia de la Maillardière, propriété qui appartenait alors à la famille de la Bretèche).

             Le Citoyen Nourry chargé d’affaires de la veuve Jousseaume dite La Bretèche s’étant présenté ce jour à notre administration et ayant eu l’occasion de lui parler de cet arbre précieux, il nous a attesté qu’il existe certainement à la Maillardière en Vertou ; mais nous a dit en même temps, que si l’on voulait le conserver, il convenait de prendre les mesures les plus promptes pour empêcher les gens d’attenter comme on fait assez souvent à cet arbre, malgré toute sa surveillance, soit en coupant les branches, soit en cueillant les fleurs. L’arbre assure-t-il est extrêmement tendre et cassant ; il est à craindre qu’en continuant à monter dessus, on ne parvienne à le détériorer, au point d’en opérer à la fin la destruction.

             Nous vous invitons donc, frères et amis, à nommer de suite un commissaire à l’effet de se porter sur les lieux, et à prendre les mesures les plus promptes et les plus sûres afin de mettre notre arbre à l’abri de tout attentat. Une affiche signée de vous et appliquée au tronc, portant défense expresse d’y toucher en manière quelconque, nous paraîtrait remplir l’objet. Nous ne faisons ici qu’indiquer, c’est à vous de décider.

             Nous allons de suite, instruire la commission et de l’existence de son arbre chéri, et des mesures que vous voulez prendre pour sa conservation.

                         Salut fraternel

 Tomas Dosset Père Bureau

Bellier Gambe Secrétaire